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La biodiversité sous les projecteurs en 2010

L’année 2010 sera placée sous le signe de la biodiversité. L’objectif ? Freiner le déclin des espèces dû aux activités humaines, inédit dans l’Histoire, dont le taux est estimé à plus de 1.000 fois celui de la progression naturelle, rappelle le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) dans son communiqué du 1er janvier. Avec de nombreux événements organisés dans le monde entier, l’ambition de cette année internationale est de sensibiliser le grand public à la biodiversité ainsi qu’à son rôle vital pour l’homme, en vue de faire pression sur les décideurs. Les experts déplorent souvent la méconnaissance de cet enjeu environnemental, notamment par rapport au changement climatique.

La volonté de création d’un «Giec» de la biodiversité -ou Plate-forme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les systèmes écosystémiques (IpBes)- sur le modèle du panel d’experts sur le climat, s’inscrit dans cette ligne. La France, à l’origine de cette initiative, en a fait un cheval de bataille pour 2010. Si un grand pas a été franchi à Nairobi (Kenya) en octobre, des réticences restent à lever d’ici la prochaine réunion du Pnue en avril.

La définition d’une valeur économique de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes représente le deuxième enjeu, selon les experts. Le premier rapport Teeb (Economie des écosystèmes et de la biodiversité) a estimé entre 2 et 4,5 billions de dollars par an le coût de la perte de «capital naturel» causée par la déforestation et la dégradation des écosystèmes. Un autre volet publié en novembre a estimé qu’un investissement annuel de 45 milliards $ pour développer les zones protégées apporterait à terme un gain de l'ordre de 4 à 5.000 milliards $/an. Le rapport Teeb final sera publié fin 2010. «Les politiques et la société souhaitent que soit fixée une valeur à la biodiversité, mais il est difficile de répondre à cette forte demande car les outils économiques ne sont pas adaptés», souligne Jean-Michel Salles, agronome et économiste au CNRS de Montpellier et collaborateur du rapport Chevassus-au-Louis.

En France, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sera à l’initiative de diverses actions de sensibilisation en 2010 telles que la création d’un site web et d’une exposition itinérante, a-t-on appris lors d’une conférence de presse jeudi 7 janvier. Robert Barbault, chercheur au CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle (Mnhn) a insisté sur le rôle du lien existant entre la science de la conservation des espèces et la société, comme l’a démontré le programme Stoc (suivi temporel des oiseaux communs) «qui a mobilisé plus de 1.000 ornithologues citoyens». Alain Pavé qui dirige le programme Amazonie du CNRS en Guyane, a insisté sur le rôle de la modélisation: «Modéliser la biodiversité permettra de mieux comprendre, gérer et prévoir, et de progresser dans les négociations internationales».

Pour la ligue Roc présidée par Hubert Reeves, «2010 doit être l’année d’un nouvel élan» alors que l’objectif de freiner l’érosion de la biodiversité d’ici 2010 auquel s’était engagée la Communauté Internationale en 2002 n’a pas été atteint. Dans un communiqué du 5 janvier, l’ONG propose 8 points clefs dont la création du «Giec» de la biodiversité, la préparation d’une stratégie nationale sur la biodiversité post-2010; la mise en place d’instruments économiques et fiscaux dédiés ainsi que la mise en place de la Trame verte et bleue (TVB). A l’échelle nationale, l’attention portera en effet sur cet engagement du Grenelle, dont les modalités d’application devront être précisées cette année pour une mise en place en 2013. «Le vrai bénéfice de la TVB est d’ouvrir un espace de débats et d’échanges dans la société», estime Robert Barbault.

Un colloque à l’Unesco à Paris avec les chefs d’Etat les 21 et 22 janvier marquera la première étape de cette année thématique. Le point culminant sera l’Assemblée générale des Nations unies en septembre à New York -qui verra ou non la création de l’IpBes- puis la réunion de la Convention sur la diversité biologique (CBD) à Nagoya au Japon en octobre où doit être adoptée une stratégie pour l'après 2010 avant la clôture en décembre 2010 au Japon.

 

Source : Article du JDLE rédigé par Sabine Casalonga

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